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FONDATION – DÉFI MONTRÉAL NEW-YORK, LA CHRONIQUE DE SYLVIE (11)

Bonjour tout le monde,

Je reviens enfin à la vie après avoir traversé une tempête : une véritable tempête émotionnelle. Après  quelques semaines de silence je me suis dit qu’il était temps de sortir de la bulle dans laquelle je m’étais enfermée. Ces quelques mots s’adressent surtout je pense à ceux et celles pour qui, comme moi, le défi préparatoire ne s’est pas déroulé comme ils l’avaient imaginé. Peut-être n’avez-vous pas pu rencontrer votre objectif ou peut-être y êtes-vous arrivé mais pas aussi bien que vous l’espériez. La ou les raisons qui nous amènent à penser que nous ne sommes pas à la hauteur ou que nous avons échoué ne sont pas si importantes, ce sont les émotions qui nous envahissent qui laissent des traces, des traces dans lesquelles on peut facilement s’enliser. À nous de choisir d’y rester ou de faire un pas en avant et, je sais, c’est bien plus facile à dire ou à écrire qu’à faire.

L’an dernier j’ai traversé le défi préparatoire de Mlle Court avec énormément de plaisir. J’ai couru 45 kilomètres sans aide si ce n’est quelques petites poussées dans les côtes à l’arrivée à Tremblant. Je me sentais fière, je me disais que rien ne pouvait plus m’arrêter. L’expérience vécue m’a propulsée en avant jusqu’au défi et même bien longtemps après. Je peux sincèrement dire qu’après le défi préparatoire je n’ai plus été la même. Les efforts répétés de semaine en semaine m’ont changée. Non seulement j’avais plus d’énergie, mais je retrouvais l’envie de me dépasser de mes vingt ans. Cette année, les choses sont bien différentes. Je suis revenue de l’expédition Parents Uniques au Mont Washington vidée de mon énergie et remplie de doutes.

Cette fois-ci, mon défi préparatoire ne s’est pas du tout déroulé comme je l’imaginais. J’ai couru toute la distance que je devais courir mais à partir du 3ième relais j’ai du recevoir de l’aide, beaucoup d’aide. Je ne me souviens pratiquement plus du dernier, je n’y étais plus. Depuis, toutes sortes de petits bobos se sont succédés dont le dernier en lice, une cellulite de l’oreille et du côté gauche du visage qui m’a laissée à moitié défigurée et sous antibiotiques par intraveineuse pendant plusieurs jours. Heureusement j’ai retrouvé figure humaine et j’ose à nouveau courir dans mon voisinage mais je dois avouer que les doutes continuent de m’habiter quand à l’issue de notre défi Montréal-New-York.

J’ai peur de ne pas y arriver, d’être un poids pour mon équipe, de ne pas être la capitaine à laquelle mon équipe est en droit de s’attendre. À ce moment-ci, j’ai même de la difficulté à mettre par écrit ce que je ressens. Mes tempêtes intérieures sont habituellement diluviennes, intenses mais de courte durée. Les solutions m’apparaissent souvent après une bonne nuit de sommeil, pas cette fois. J’ai le doute sur le bout de la langue depuis quelques semaines déjà et je me dis que de leur donner vie virtuellement pourra me permettre de prendre suffisamment de distance pour comprendre et en même temps ça me permettra de tendre la main à tous ceux et celles qui vivent actuellement la même chose que moi.

Quand la peur et le doute marchent main dans la main, il devient de plus en plus difficile de tenir debout. Quand ça m’arrive je me sens gelée et je n’avance plus. Le doute s’insinue non seulement dans mon esprit mais aussi dans toutes les fibres de mon corps. Il devient physique. Je fais mes devoirs bien sûr, mais lorsque je cours je me sens molle. Moi qui me sentais forte depuis un an, me voilà qui coure sans conviction. J’ai beau essayé de pousser la machine, je n’y arrive pas ou pas comme je le voudrais. Je n’ai pas de solution magique à proposer. Je cherche toujours à retrouver ce petit quelque chose que j’ai l’impression d’avoir laissé dans la montagne.

Mais heureusement, il s’est aussi produit autre chose sur cette fameuse montagne. À un moment, après m’être laissé envahir par le doute et la peur, un éclair de lucidité m’a permis de retrouver le calme. Je me suis demandée si j’avais envie de continuer à traverser le défi en peinant et en me répétant à quel point j’étais folle de m’être embarquée dans une aventure semblable. Je n’avais pas le choix de continuer bien sûr, mais je pouvais décider de la manière dont ça se déroulerait. Je n’ai pas à ce moment pu faire une volte-face complète. Une phrase lancée pas Réjean plus tôt dans le défi m’est revenue : « fais confiance à tes pieds ». C’est ce que j’ai fais et petit à petit, pas à pas, j’ai retrouvé le plaisir d’être dans la montagne, le plaisir d’être avec les autres, le plaisir de respirer et de marcher vers le sommet.

Chaque fois que je sors courir depuis, j’essaie de retrouver cet instant où j’ai renoué avec moi-même. Le plaisir est je m’en rends compte l’ennemi juré du doute et quoiqu’il arrive pendant notre périple jusqu’à New-York c’est ce qu’il me faudra cultiver : LE PLAISIR.  Je m’engage à répandre la joie quoiqu’il arrive. Nous sommes déjà tous gagnants. Je le pense sincèrement. Pensez à tout ce que vous avez acquis en quinze semaines. Je le fais chaque fois que le doute m’envahit pour ne pas laisser quelques kilomètres moins bien courus effacer tout ce que j’ai accompli ces dernières semaines. Et si par hasard vous me croisez pendant le défi et que j’ai l’air de broyer du noir, rappelez-moi mon engagement. J’y tiens, et déjà merci d’être les coéquipiers et les coéquipières que vous êtes.

Plus que deux entrainements avant le défi….que la joie et l’allégresse soit au rendez-vous. Ça ne vous rappelle pas quelqu’un.

Bon entrainement.

Sylvie XXX

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